Indemnités journalières des indépendants
Un arrêt de travail ne suspend ni votre loyer, ni vos échéances, ni les charges de votre activité. Or les indemnités journalières du régime obligatoire couvrent rarement la moitié de votre revenu — et cèdent la place, au 91e jour pour les professions libérales, au relais de la caisse professionnelle, selon ses propres règles. Voici les montants exacts et la façon de combler l'écart.
En arrêt maladie, un artisan ou un commerçant affilié à la Sécurité sociale des indépendants perçoit 1/730e de son revenu annuel moyen des trois dernières années, plafonné à 65,84 € par jour en 2026, après 3 jours de carence. Les professions libérales affiliées à la CNAVPL sont indemnisées du 4e au 90e jour, dans la limite de 197,51 €/jour. Les avocats ne perçoivent rien avant le 91e jour.
Combien verse votre régime obligatoire en cas d'arrêt de travail ?
Les indépendants n'ont pas tous la même caisse, et l'écart de traitement est considérable. Les affiliés à la Sécurité sociale des indépendants perçoivent une indemnité calculée sur 1/730e du revenu annuel moyen des trois dernières années, plafonnée à 65,84 €/jour en 2026 — soit 48 060 / 730, un plafond revalorisé chaque année avec le PASS. Les libéraux affiliés à une caisse relevant de la CNAVPL — CARMF, CARPIMKO, CIPAV — perçoivent depuis le 1er juillet 2021 des indemnités de l'Assurance maladie du 4e au 90e jour, sur une assiette plafonnée à 3 PASS (144 180 €), soit 197,51 €/jour au maximum, avant que leur caisse ne prenne le relais sous ses propres conditions. Les avocats, affiliés à la CNBF, ne perçoivent rien avant le 91e jour.
Deux conditions supplémentaires passent souvent inaperçues : une affiliation d'au moins douze mois est requise, et un revenu annuel moyen inférieur à 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale — soit 4 806 € en 2026 — n'ouvre aucun droit à indemnisation. Un indépendant en début d'activité, dont la moyenne triennale est tirée vers le bas par les premiers exercices, se retrouve ainsi avec une indemnité dérisoire — voire nulle.
Montants et délais applicables en 2026, calculés sur un plafond annuel de la Sécurité sociale de 48 060 € et revalorisés chaque année. Le versement reste soumis aux conditions propres à chaque caisse (durée d'affiliation, revenu minimal, taux d'incapacité). Ces montants ne constituent pas un devis.
Les paramètres chiffrés de l'année sont réunis sur notre pagebarèmes de la prévoyance 2026, et la mise en regard des caisses sur lecomparatif des régimes obligatoires TNS.
Quel est l'écart entre vos indemnités et votre revenu réel ?
Exemples indicatifs, arrondis, donnés pour illustrer le mécanisme de calcul. Les montants réellement versés dépendent de votre caisse d'affiliation, de vos revenus déclarés et de la durée de l'arrêt : ils ne constituent pas un devis.
L'erreur classique consiste à comparer l'indemnité au revenu net personnel. Il faut la comparer au revenu et aux charges qui continuent de courir : loyer professionnel, échéances de matériel, cotisations sociales, éventuels salaires. C'est cette addition, et non le seul niveau de vie, qui détermine le montant à garantir.
Comment une IJ complémentaire maintient-elle votre revenu ?
La garantie indemnités journalières d'un contrat de prévoyance verse, à partir de la franchise choisie et pour chaque jour d'arrêt médicalement justifié, un montant fixé à la souscription. Cette indemnité s'ajoute à celle du régime obligatoire jusqu'à un plafond de maintien exprimé en pourcentage de votre revenu, couramment jusqu'à 100 % du revenu net.
Ce plafond n'est pas une limite commerciale mais une règle : le principe indemnitaire interdit qu'un arrêt de travail vous rapporte plus que votre activité. Concrètement, un indépendant percevant 61,64 €/jour de son régime obligatoire et souhaitant maintenir 120 €/jour souscrit une garantie complémentaire d'environ 58 €/jour. Si vous êtes en contrat Madelin, rappelez-vous que ces prestations sont imposables : le montant garanti doit être calibré en brut pour obtenir le net visé.
- Montant garanti librement choisi à la souscription, dans la limite du revenu justifié
- Versement à partir de la franchise, généralement jusqu'à 1 095 jours d'arrêt
- Relais assuré par la garantie invalidité si l'incapacité devient permanente
- Garantie frais généraux permanents en option, pour couvrir les charges fixes de l'activité
Un point décide de ce que vous toucherez réellement : la base d'indemnisation. Une indemnité forfaitaire est versée au montant souscrit, une indemnité indemnitaire est recalculée sur la perte de revenu justifiée — la distinction est expliquée dansindemnités forfaitaires ou indemnitaires.
Quelle franchise choisir pour ses indemnités journalières ?
Franchise de 3 à 15 jours
Le meilleur choix pour un indépendant sans trésorerie de sécurité, dont l'activité s'arrête le jour même. C'est aussi la franchise la plus chère : elle se justifie quand un mois sans revenu mettrait l'activité en danger.
Franchise de 30 jours
Le compromis le plus courant chez les affiliés à la Sécurité sociale des indépendants, qui perçoivent déjà des indemnités — même faibles — dès le 4e jour. La cotisation baisse sensiblement par rapport à une franchise courte.
Franchise de 60 à 90 jours
Réservée aux profils disposant d'une réserve de trésorerie confortable, ou déjà couverts sur le court terme. C'est le réglage souvent retenu par un affilié à la CARMF ou à la CARPIMKO, déjà indemnisé par l'Assurance maladie du 4e au 90e jour : caler la franchise sur le 91e jour évite de payer deux fois la même couverture, à condition d'accepter le plafonnement des indemnités du premier trimestre. À l'inverse, un avocat affilié à la CNBF, qui ne perçoit rien avant le 91e jour, a besoin d'une franchise courte.
Franchises différenciées
La plupart des contrats distinguent accident, maladie et hospitalisation : franchise de 3 jours en accident et hospitalisation, 15 ou 30 jours en maladie. C'est le réglage le plus efficace en rapport protection / cotisation.
Vos indemnités journalières selon votre profession
Cotisations indicatives, variables selon l'âge, le revenu garanti et la franchise retenue.
Pour aller plus loin, consultez notre guideles indemnités journalières de l'indépendant et notre analysearrêt de travail : que deviennent vos revenus ? Franchise, carence, incapacité temporaire : les termes employés sur cette page sont définis dans leglossaire de la prévoyance.
Questions fréquentes
Combien touche réellement un indépendant en arrêt de travail ?
Une IJ complémentaire peut-elle maintenir 100 % de mon revenu ?
Quelle franchise choisir pour ses indemnités journalières ?
Les indemnités journalières sont-elles versées en cas d'affection longue durée ou de rechute ?
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