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Devis prévoyance
Article 154 bis du CGI

Assurance prévoyance loi Madelin

Le dispositif Madelin permet aux travailleurs non salariés imposés au réel de déduire de leur bénéfice imposable les cotisations d'un contrat de prévoyance. Un mécanisme puissant, encadré par un plafond précis et assorti de contreparties qu'il vaut mieux connaître avant de souscrire.

Qu'est-ce que le dispositif Madelin ?

Issue de la loi du 11 février 1994 relative à l'initiative individuelle et codifiée à l'article 154 bis du Code général des impôts, la loi Madelin corrige une inégalité simple : le salarié bénéficie d'une prévoyance collective financée en partie par son employeur et déductible du revenu imposable, alors que l'indépendant finance seul sa protection. Le dispositif autorise donc le travailleur non salarié à déduire de son bénéfice imposable les cotisations versées au titre d'un contrat de prévoyance complémentaire, de complémentaire santé et de retraite supplémentaire.

L'intérêt n'est pas seulement fiscal. En rendant la prévoyance moins coûteuse en net, le dispositif permet de garantir un niveau de revenu supérieur pour le même effort de trésorerie — ce qui compte réellement le jour d'un arrêt de travail long ou d'une invalidité. Un contrat éligible porte la mention « Madelin » dans ses conditions générales : ce n'est pas une option que l'on coche après coup, c'est une caractéristique du contrat souscrit.

Qui peut en bénéficier ?

Le dispositif vise les travailleurs non salariés non agricoles imposés au régime réel, en bénéfices industriels et commerciaux ou en bénéfices non commerciaux : artisans, commerçants, professions libérales, gérants majoritaires de SARL, associés de sociétés de personnes, ainsi que le conjoint collaborateur régulièrement déclaré. Le régime obligatoire d'affiliation — Sécurité sociale des indépendants, CIPAV, CARPIMKO, CARMF ou CNBF — n'entre pas en ligne de compte : c'est le mode d'imposition qui commande.

Le micro-entrepreneur est en revanche exclu du dispositif.Relevant du régime micro-fiscal, il bénéficie d'un abattement forfaitaire réputé couvrir l'ensemble de ses charges : aucune cotisation de prévoyance ne peut être déduite en plus. Cela ne rend pas la prévoyance moins nécessaire, bien au contraire — les indemnités journalières servies à ce statut comptent parmi les plus faibles — mais le contrat se souscrit alors hors cadre Madelin, avec pour contrepartie des prestations non imposables au même titre.

Ce que vous pouvez déduire

  • Les cotisations d'un contrat de prévoyance complémentaire : indemnités journalières, rente d'invalidité, capital décès, rente de conjoint et rente éducation
  • Les cotisations d'une complémentaire santé souscrite dans un cadre Madelin — elles partagent la même enveloppe que la prévoyance
  • Les cotisations de retraite supplémentaire Madelin, qui relèvent en revanche d'un plafond distinct
  • La part de cotisation correspondant au conjoint collaborateur, lorsqu'il est déclaré et affilié

Le plafond de déduction, formule et exemple

Pour le volet prévoyance et santé, le plafond annuel de déduction est égal à3,75 % du bénéfice imposable augmentés de 7 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), le total ne pouvant en aucun cas excéder 3 % de huit fois le PASS. Cette enveloppe est commune à la prévoyance et à la complémentaire santé Madelin ; le plafond de la retraite Madelin se calcule séparément.

Exemple chiffré, à titre purement illustratif

Une profession libérale dégageant 50 000 € de bénéfice imposable, en retenant un PASS de l'ordre de 47 000 € (valeur indicative, revalorisée chaque année) :

  • 3,75 % × 50 000 € de bénéfice1 875 €
  • 7 % × 47 000 € de PASS3 290 €
  • Plafond de déduction annuel5 165 €
  • Soit, en cotisation mensuelle déductibleenviron 430 €

Chiffres indicatifs donnés pour illustrer le mécanisme de calcul. Le PASS est révisé chaque année et votre plafond dépend de votre bénéfice réel : ces montants ne constituent ni un engagement, ni un conseil fiscal personnalisé. Le calcul détaillé est développé dans notre article dédié au plafond Madelin.

Une cotisation de prévoyance courante, de l'ordre de 50 à 90 €/mois, reste donc très largement à l'intérieur de ce plafond pour la plupart des profils : la question pratique est moins celle du plafond que celle de l'arbitrage entre prévoyance et complémentaire santé dans une enveloppe partagée.

Les contreparties à connaître

Les prestations perçues sont imposables : indemnités journalières et rentes d'invalidité sont soumises à l'impôt sur le revenu, en contrepartie de la déduction obtenue à l'entrée

Le contrat suppose des versements réguliers : les cotisations doivent être payées périodiquement, avec une variation annuelle encadrée par le contrat

Les cotisations sont à fonds perdus : un contrat de prévoyance ne constitue aucune épargne et n'a pas de valeur de rachat, mais en contrepartie la garantie joue dès le premier euro cotisé

La déduction est plafonnée : au-delà du plafond de l'article 154 bis, la fraction excédentaire de cotisation reste due mais n'est plus déductible

Ces contreparties ne remettent pas en cause l'intérêt du dispositif, mais elles changent le calibrage : puisque les prestations sont imposables, garantir 100 % de son revenu net suppose de souscrire un montant brut supérieur. C'est le point le plus souvent négligé au moment de la souscription.

Comment souscrire un contrat Madelin

  1. 1Vérifier votre éligibilité : statut de travailleur non salarié et imposition au régime réel, BIC ou BNC
  2. 2Déterminer le revenu à protéger et la franchise adaptée à votre trésorerie et à votre régime obligatoire
  3. 3Comparer les contrats labellisés Madelin de plusieurs assureurs : les garanties et les exclusions diffèrent bien plus que les cotisations
  4. 4Renseigner le questionnaire de santé avec exactitude — une fausse déclaration intentionnelle entraîne la nullité du contrat (article L113-8 du Code des assurances)
  5. 5Conserver l'attestation fiscale annuelle transmise par l'assureur : c'est elle qui justifie la déduction lors de votre déclaration

La prévoyance Madelin selon votre profession

Cotisations indicatives, variables selon l'âge, le revenu garanti et les garanties retenues.

Pour approfondir, lisez notre guidela loi Madelin appliquée à la prévoyance ainsi que le détail ducalcul du plafond Madelin en 2026.

Questions fréquentes

Un auto-entrepreneur peut-il déduire ses cotisations en loi Madelin ?
Non. Le dispositif de l'article 154 bis du CGI suppose une imposition au régime réel, en bénéfices industriels et commerciaux ou en bénéfices non commerciaux. Le micro-entrepreneur relève du régime micro-fiscal, dont l'abattement forfaitaire est réputé couvrir l'ensemble des charges : aucune cotisation ne peut être déduite en plus. Souscrire une prévoyance reste vivement conseillé — les indemnités journalières du régime obligatoire sont particulièrement faibles pour ce statut — mais sans avantage fiscal. En contrepartie, les prestations perçues ne sont pas imposables au même titre.
Quel est le plafond de déduction Madelin pour la prévoyance ?
Pour la prévoyance et la santé, le plafond annuel est égal à 3,75 % du bénéfice imposable augmentés de 7 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), le total ne pouvant excéder 3 % de huit fois le PASS. Cette enveloppe est commune à la prévoyance et à la complémentaire santé Madelin : une mutuelle familiale généreuse consomme donc une partie du plafond disponible. Le plafond de la retraite Madelin, lui, est distinct et se calcule séparément.
Les indemnités journalières d'un contrat Madelin sont-elles imposables ?
Oui, et c'est la contrepartie logique de la déduction obtenue à l'entrée. Les indemnités journalières et les rentes d'invalidité versées au titre d'un contrat Madelin sont imposables à l'impôt sur le revenu, dans la catégorie des bénéfices professionnels. Ce point doit être intégré au calibrage des garanties : pour maintenir un niveau de vie net donné, il faut garantir un montant brut supérieur. Le capital décès versé aux bénéficiaires obéit, lui, à des règles fiscales spécifiques.
Peut-on transférer ou modifier un contrat Madelin en cours de route ?
Un contrat de prévoyance Madelin se résilie selon les conditions prévues au contrat, généralement à l'échéance annuelle avec un préavis de deux mois. Il n'existe pas de transfert automatique d'un assureur à l'autre : on souscrit un nouveau contrat, puis on résilie l'ancien. L'ordre compte — ne résiliez jamais avant que les nouvelles garanties ne soient effectivement acquises, car un nouveau questionnaire de santé peut aboutir à des exclusions que l'ancien contrat ne comportait pas.
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