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Devis prévoyance
Guide

Prévoyance TNS : le guide complet 2026

8 juillet 2026 • 9 min de lecture

Un travailleur non salarié qui s'arrête de travailler cesse, presque immédiatement, de gagner sa vie. Pas d'employeur pour maintenir le salaire, pas de convention collective pour compléter les prestations : entre le régime obligatoire et le train de vie réel d'un indépendant, l'écart est souvent de plusieurs milliers d'euros par mois. La prévoyance est précisément l'outil qui comble cet écart. Ce guide fait le tour complet du sujet en 2026 : ce que couvre un contrat, pourquoi votre régime obligatoire ne suffit pas, ce que coûte une bonne couverture et comment souscrire sans se tromper.

La prévoyance TNS, définition simple

La prévoyance est un contrat d'assurance qui verse de l'argent lorsque vous ne pouvez plus en gagner. Elle ne rembourse pas des soins — c'est le rôle de la mutuelle santé — et ne prépare pas votre retraite. Elle couvre trois risques dits « lourds » : l'arrêt de travail temporaire, l'invalidité durable et le décès. Autrement dit, elle transforme un accident de la vie en événement financièrement gérable, plutôt qu'en rupture définitive pour votre foyer et votre entreprise.

Elle s'adresse à tous les statuts de travailleurs non salariés : artisans et commerçants affiliés à la Sécurité sociale des indépendants, professions libérales relevant de la CIPAV, de la CARPIMKO, de la CARMF ou de la CNBF, gérants majoritaires de SARL, micro-entrepreneurs. Selon votre régime, le niveau de protection de départ change beaucoup — mais dans tous les cas, il reste très inférieur à celui d'un salarié cadre couvert par un contrat collectif.

Les trois garanties qui composent un contrat

Un contrat de prévoyance TNS complet s'articule autour de trois blocs, que l'on peut souscrire séparément ou ensemble :

  • Les indemnités journalières : un montant versé pour chaque jour d'arrêt de travail, après une franchise choisie à la souscription (souvent 3, 7, 15, 30 ou 90 jours). C'est la garantie la plus sollicitée, et celle qui protège votre trésorerie au quotidien.
  • La rente d'invalidité : un revenu régulier versé lorsque votre capacité de travail est durablement réduite, potentiellement jusqu'à l'âge de la retraite. C'est financièrement la garantie la plus lourde, car elle peut représenter vingt ans de versements.
  • Le capital décès : une somme versée à vos bénéficiaires désignés, souvent complétée d'une rente de conjoint et d'une rente éducation pour financer les études de chaque enfant.
  • En complément, les bons contrats prévoient l'exonération des cotisations pendant l'arrêt indemnisé, la revalorisation des prestations en cours de service et, en option, une garantie « frais généraux » qui couvre les charges fixes de l'entreprise (loyer, emprunt, salaires) pendant votre absence.

Pourquoi le régime obligatoire ne suffit pas

C'est le cœur du sujet. En cas d'arrêt de travail, la Sécurité sociale des indépendants verse une indemnité journalière égale à 1/730e de votre revenu annuel moyen des trois dernières années, dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale : soit un maximum de l'ordre de 64 € par jour, chiffre indicatif, quel que soit votre revenu réel. Un artisan qui dégage 4 500 € par mois perçoit donc environ 1 900 € — auxquels s'applique en outre un délai de carence en début d'arrêt. Le mécanisme complet est détaillé dans notre guide des indemnités journalières des TNS.

Pour les professions libérales, le constat est encore plus net : au-delà du 90e jour d'arrêt, tout dépend de votre caisse, certaines ne versant plus rien tant qu'une invalidité n'est pas médicalement reconnue. Côté invalidité, les pensions des régimes obligatoires représentent à titre indicatif 30 % du revenu moyen plafonné en cas d'incapacité partielle et environ 50 % en cas d'invalidité totale — un ordre de grandeur détaillé dans notre article sur l'invalidité des TNS. Côté décès, le capital forfaitaire tourne autour de 9 400 €, sans rente pour le conjoint ni pour les enfants.

Il faut ajouter à cela une réalité que les tableaux de prestations ignorent : pendant votre arrêt, les charges fixes de l'entreprise continuent de courir. Loyer du local, échéances d'emprunt, assurances, cotisations, éventuels salaires. Le trou de revenu réel est donc supérieur à la simple différence entre votre revenu habituel et les prestations perçues.

Ce que coûte une prévoyance TNS et ce que la loi Madelin change

Sur le marché français, un contrat TNS complet — indemnités journalières, invalidité, décès — se situe le plus souvent entre 30 et 150 € par mois, selon l'âge, la profession, le revenu couvert et les franchises retenues. Un profil de bureau de 30 ans se situera dans le bas de la fourchette, un métier manuel ou un professionnel de santé de 45 ans plutôt dans le haut. Ces ordres de grandeur, détaillés profil par profil sur notre page prix d'une prévoyance TNS, doivent toujours être confirmés par un devis personnalisé.

Le coût net est en réalité inférieur au prix affiché pour les TNS imposés au régime réel : l'article 154 bis du Code général des impôts, socle du dispositif loi Madelin, permet de déduire les cotisations du bénéfice imposable, dans la limite d'un plafond annuel. Avec une tranche marginale d'imposition de 30 %, une cotisation de 100 € par mois revient à environ 70 € nets — un ordre de grandeur purement illustratif. La contrepartie est logique : les prestations perçues (indemnités journalières, rentes) sont en principe imposables. Les micro-entrepreneurs, dont l'abattement forfaitaire est réputé couvrir toutes les charges, sont exclus de cette déduction.

Souscrire en cinq étapes

La démarche est plus rapide qu'on ne l'imagine, à condition de la mener dans le bon ordre :

  • Chiffrer vos besoins : revenu à maintenir, charges fixes de l'entreprise, capital restant dû sur vos emprunts, situation familiale et âge de vos enfants.
  • Identifier ce que verse déjà votre régime obligatoire, caisse par caisse : c'est le point de départ de tout calibrage sérieux.
  • Arbitrer les franchises en fonction de votre trésorerie réelle : combien de jours pouvez-vous tenir sans revenu tout en payant vos charges ?
  • Comparer plusieurs assureurs à garanties strictement identiques, en lisant les conditions générales : définition de l'invalidité, exclusions (dos, affections psychiques), mode d'indemnisation forfaitaire ou indemnitaire.
  • Répondre au questionnaire de santé avec une sincérité totale, puis vérifier la date d'effet des garanties avant de résilier un éventuel contrat existant.

Deux principes guident ces arbitrages. Le premier : souscrire tôt. À 35 ans, la cotisation est plus basse et le questionnaire de santé plus simple qu'à 50 ans, et un contrat accepté aujourd'hui n'est jamais remis en cause par une maladie survenant demain. Le second : ne jamais rogner sur la garantie invalidité pour économiser quelques euros. C'est le risque dont les conséquences financières sont les plus lourdes, et celui que le régime obligatoire couvre le plus mal.

Par où commencer

La prévoyance n'est pas un produit que l'on compare au prix seul : entre deux contrats à cotisation équivalente, les écarts de qualité — seuil de déclenchement de la rente d'invalidité, exclusions rachetables ou non, franchises différenciées — peuvent représenter des dizaines de milliers d'euros au moment du sinistre. Les critères qui comptent vraiment sont détaillés dans notre guide comment choisir son contrat de prévoyance.

Trois décisions structurent tout le reste : un niveau d'indemnités journalières calé sur vos charges réelles et non sur votre chiffre d'affaires, une franchise compatible avec votre trésorerie, et une rente d'invalidité que vous ne sacrifiez pas pour économiser quelques euros. Le reste relève de la comparaison. Faire établir un comparatif multi-assureurs auprès d'un courtier spécialisé dans la protection sociale des indépendants permet de partir de vos droits réels, régime par régime, avant de confronter les offres clause par clause sur votre profil. L'exercice prend quelques minutes et vous laisse entièrement libre de votre décision.

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